Second écran, prise en main à distance et applications d'IA : comment les candidats trichent aux examens sur ordinateur, et ce qui les en empêche
Un centre de certification remarque que deux candidats de la même salle informatique ont obtenu 98 % à un examen où la moyenne est de 61 %. Rien ne paraissait anormal dans la salle. Plus tard, on découvre comment ils s'y sont pris : sur un ordinateur, un câble de second écran passait derrière le bureau jusqu'à un ami dans la salle voisine ; sur l'autre, une application de prise en main à distance permettait à quelqu'un à l'extérieur de taper les réponses. Le surveillant est passé une bonne dizaine de fois devant chacun d'eux.
Les examens sur ordinateur suppriment certaines façons classiques de tricher, comme les antisèches dans la trousse ou les réponses qui circulent sur papier, et en ajoutent de nouvelles, invisibles depuis l'allée. Cet article passe en revue les techniques que les organisateurs rencontrent réellement, ce qu'un logiciel d'examen peut faire contre chacune, et ce qu'il ne peut pas faire, pour que vous sachiez où placer vos surveillants.
Ne verrouillez le poste que si les enjeux l'exigent
Tout ce que cet article dit du verrouillage d'un ordinateur s'applique quand les candidats passent l'examen dans l'application ExamQR Exam en mode verrouillé. C'est le cas des examens en salle informatique sur votre réseau local, et des examens en ligne pour lesquels vous imposez l'application au lieu d'un navigateur classique et exigez le plein écran. Un simple navigateur ne peut voir ni les autres programmes ni les autres écrans ; un examen passé uniquement dans le navigateur repose donc sur les contrôles décrits dans la section 6.
Pour un examen en ligne, vous choisissez pour chaque session comment les candidats le passent : dans n'importe quel navigateur, dans l'application ExamQR Exam ou dans Safe Exam Browser. L'application et Safe Exam Browser sont disponibles avec les forfaits qui incluent les examens en navigateur verrouillé ; consultez les tarifs.
1. Un second écran
La technique. Un second moniteur, un téléviseur ou un vidéoprojecteur est branché sur l'ordinateur d'examen, soit comme bureau supplémentaire affichant des notes, soit en recopie de l'écran d'examen, qu'une autre personne peut voir pour fournir les réponses.
Ce que fait l'application. Tant que l'examen est verrouillé, l'application compte à quelques secondes d'intervalle les écrans branchés sur l'ordinateur, y compris les écrans en recopie. S'il y en a plus d'un, l'écran d'examen se met en pause avec un message qui demande au candidat de débrancher l'écran en trop. L'examen se rouvre de lui-même dès qu'il ne reste qu'un seul écran. L'application signale aussi les écrans supplémentaires dans la liste des sessions, avant le début de l'examen.
Ce qui dépend encore de vous. Vérifiez les câbles derrière les bureaux de la salle avant la session, surtout dans les salles qui servent aussi aux présentations.
2. Quelqu'un d'autre aux commandes
La technique. Une application de prise en main à distance comme TeamViewer, AnyDesk, UltraViewer, Chrome Remote Desktop ou l'Assistance rapide de Windows permet à un complice hors de la salle de voir l'écran et de taper les réponses. Ou bien l'ordinateur du candidat est lui-même une session Bureau à distance pilotée depuis un autre endroit.
Ce que fait l'application. Pendant un examen verrouillé, l'application ferme les programmes de prise en main à distance à quelques secondes d'intervalle. Elle reconnaît un programme au nom inscrit dans le fichier lui-même : renommer AnyDesk.exe en notes.exe ne sert donc à rien. Si l'examen tourne lui-même dans une session Bureau à distance, il reste en pause jusqu'à ce qu'il soit ouvert sur l'ordinateur réel.
3. L'examen dans une machine virtuelle
La technique. Le candidat fait tourner l'examen dans une machine virtuelle (VMware, VirtualBox, Hyper-V et autres). Le verrouillage ne s'applique alors qu'à l'intérieur de la machine virtuelle, tandis que le vrai bureau, avec un navigateur et une messagerie, n'est qu'à une touche de distance.
Ce que fait l'application. Elle vérifie si l'ordinateur est un type courant de machine virtuelle ; si c'est le cas, l'examen reste en pause. Si votre salle utilise volontairement des bureaux virtuels, un technicien peut désactiver ce contrôle sur ces postes.
4. Messagerie, navigateur ou assistant d'IA
La technique. Une fenêtre de discussion avec un ami, une recherche rapide sur le web, ou une question collée dans ChatGPT.
Ce que fait l'application. En mode verrouillé, l'examen occupe tout l'écran et reste au premier plan. Les touches qui permettent d'en sortir, comme Alt+Tab, la touche Windows et Alt+F4, sont bloquées, et le presse-papiers est vidé si la fenêtre perd le focus. À quelques secondes d'intervalle, l'application ferme aussi :
- les navigateurs web ;
- les applications de messagerie et de réunion comme WhatsApp, Telegram, Messenger, Teams, Zoom et Discord ;
- les applications d'IA comme les applications de bureau ChatGPT, Claude et Copilot, ainsi que les outils qui exécutent des modèles d'IA sur l'ordinateur lui-même ;
- les moyens habituels de sortir d'un écran verrouillé, comme le Gestionnaire des tâches, l'invite de commandes et PowerShell.
Quand l'application ferme un programme, elle indique au candidat lequel et à quelle heure. Si un programme ne peut pas être fermé, l'examen reste en pause jusqu'à ce qu'il ait disparu.
Ce qui dépend encore de vous. Aucune application Windows ne peut bloquer Ctrl+Alt+Suppr. La liste des programmes bloqués est intégrée à l'application ; un outil dont personne n'a entendu parler peut donc passer entre les mailles. Et un assistant d'IA sur un téléphone échappe à tout logiciel installé sur l'ordinateur. Celui-là, c'est l'affaire du surveillant.
Pour les examens pratiques, où les candidats doivent utiliser Word, Excel ou un éditeur de code, l'application ne verrouille pas l'écran et ferme seulement les programmes qui n'ont rien à faire dans l'examen. Ce cas est traité dans examens pratiques sur ordinateur.
5. Enregistrer les questions
La technique. Enregistrer l'écran ou faire des captures d'écran pour transmettre les questions à la session suivante.
Ce que fait l'application. Sous Windows 10 (version 2004) et versions ultérieures, l'application demande à Windows d'exclure la fenêtre d'examen des captures et des enregistrements d'écran : une capture montre alors une zone vide à la place des questions. Les logiciels d'enregistrement et de capture d'écran sont fermés comme les autres programmes bloqués.
Ce qui dépend encore de vous. L'appareil photo d'un téléphone pointé vers l'écran. Les téléphones restent dans les sacs à l'avant de la salle, et un surveillant qui circule repère tout de suite un téléphone levé. Prévoir plusieurs versions du sujet et tirer des questions différentes pour chaque session rend une photo bien moins utile. Voir questions divulguées entre les sessions.
6. Quitter l'examen dans un navigateur classique
Quand les candidats passent un examen en ligne dans leur propre navigateur, rien ne peut les empêcher d'ouvrir un autre onglet. Ce qu'ExamQR peut faire, c'est le remarquer et réagir :
- La page enregistre chaque fois que le candidat quitte la fenêtre ou l'onglet de l'examen, et les surveillants voient ce nombre pour chaque candidat, en direct.
- Pour chaque session, vous choisissez ce qui se passe : autoriser, afficher un avertissement, ou rendre automatiquement la copie au bout d'un nombre de fois que vous fixez.
- Vous pouvez exiger le plein écran et, avec les forfaits qui incluent la surveillance d'examen, activer la surveillance de l'écran et de la caméra ainsi qu'une vérification du visage.
Réservez ces options aux examens à enjeux moyens. Quand le résultat compte vraiment, imposez l'application ou Safe Exam Browser.
7. Quelqu'un d'autre passe l'examen
La technique. Un ami se connecte avec le code et le mot de passe du candidat.
Ce qui aide. En salle informatique, contrôlez les pièces d'identité à l'entrée et placez les candidats selon un plan de salle, pour que le surveillant sache qui doit être à quel poste. Des convocations imprimées avec un QR code de connexion accélèrent le contrôle. Pour les examens en ligne, avec les forfaits qui incluent la surveillance d'examen, vous pouvez activer une vérification du visage avant le début de l'examen, effectuée par le candidat lui-même ou validée par un surveillant. L'application ExamQR Exam ne demande elle-même qu'un code et un mot de passe à la connexion ; en salle informatique, le contrôle d'identité revient donc au surveillant.
Ce que le surveillant doit encore faire
L'application fonctionne sur l'ordinateur du candidat. Quand elle met l'examen en pause, le message s'affiche sur l'écran de ce candidat, et l'application en garde une trace sur cet ordinateur. Rien n'est envoyé au serveur de la salle. Un écran en pause se repère facilement depuis l'allée : raison de plus pour que les surveillants circulent au lieu de rester assis devant. Si vous surprenez un candidat en train de tricher, l'application du surveillant vous permet de retirer 25 % ou 50 % de sa note, ou de le suspendre de l'examen.
Liste de contrôle
- Les examens à forts enjeux se déroulent dans l'application ExamQR Exam en mode verrouillé, ou dans Safe Exam Browser.
- Câbles vérifiés derrière les bureaux de la salle ; un seul écran par ordinateur.
- Téléphones et montres connectées dans les sacs, à l'avant de la salle.
- Identité contrôlée à l'entrée, candidats placés selon un plan.
- Plusieurs versions du sujet, pour que les voisins et les sessions suivantes n'aient pas le même sujet.
- Pour les examens dans le navigateur : une règle sur la sortie de la fenêtre, annoncée aux candidats à l'avance.
- Les surveillants circulent dans la salle et savent à quoi ressemble un écran d'examen en pause.
Aucun logiciel ne rend la triche impossible, et un examen qui prétend le contraire a tendance à cesser de la chercher. L'objectif est de rendre chaque technique difficile, visible ou inutile, et de laisser le reste à une personne attentive. Pour aller plus loin : examens en ligne sécurisés.